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« Ne dites pas terroriste à mon fils, ça ne fait pas bon genre »

Le père de l’auteur de la tuerie au Centre culturel islamique de Québec a envoyé une lettre au premier ministre Justin Trudeau pour lui demander de cesser d’étiqueter son fils comme étant un terroriste.

Après avoir précisé que l’emploi de ce mot met la sécurité de la famille à risque, Raymond Bissonnette signale que son fils n’a pas fait l’objet d’accusations de terrorisme en vertu du Code criminel, même après l’enquête policière, et qu’il devrait plutôt être considéré comme un tueur de masse.

L’attentat de la grande mosquée de Québec est une tuerie de masse survenue au Centre culturel islamique de Québec, au Canada, le 29 janvier 2017. Quelques minutes après le drame, un homme armé, de nationalité canadienne au nom d’Alexandre Bissonnette, a contacté les policiers et a reconnu avoir ouvert le feu sur les fidèles présents.

Le Centre culturel islamique de Québec avait déjà fait l’objet d’actions islamophobes dans les mois précédents. En juin 2016, une tête de porc est déposée devant cette mosquée en plein ramadan. Quelques semaines plus tard, une lettre islamophobe est distribuée dans son voisinage. Le Centre culturel s’équipe ensuite de caméras de surveillance, et fait l’objet d’une surveillance régulière par la police.

Le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), Herman Okomba-Deparice, a par ailleurs indiqué avoir reçu des signalements dans les mois qui ont précédé l’attaque, attestant de la montée de l’extrême droite à Québec.

Dans la soirée du 29 janvier 2017, vers 19 h 45, heure de la prière, un homme armé ouvre le feu sur les quelques dizaines de fidèles du Centre culturel islamique du Québec. Après avoir contacté lui-même les forces policières, le suspect Alexandre Bissonnette est rapidement mise en arrestation, non loin du pont de l’Île-d’Orléans.

Une demi-heure après la tuerie, Alexandre Bissonnette, un étudiant québécois de 27 ans, appelle la police pour se dénoncer et demande à se rendre. Le 30 janvier 2017, il comparaît au Palais de justice de Québec où il est inculpé de onze chefs d’accusations, soit six pour meurtre avec préméditation et cinq pour tentative de meurtre. La police précise qu’il pourrait encore être accusé d’« acte terroriste » et d’« atteinte à la sécurité nationale ». Et c’est ce qualification de terroriste que le père ne souhaite pas voir dans le dossier.

Un autre suspect, également arrêté le 29 au soir près des lieux du drame, est relâché le lendemain, la police déclarant qu’« il est maintenant considéré comme témoin » à la suite de l’enquête.

Les éléments réunis par l’enquête indiquent qu’Alexandre Bissonnette affichait des idées d’extrême droite à l’université comme sur les réseaux sociaux, sur lesquels il tenait avec virulence des propos xénophobes et hostiles aux immigrés.

Bissonnette est décrit par certains sources comme un nationaliste et un « introverti impopulaire », admirateur de Marine Le Pen et de Donald Trump.

La police a retrouvé une arme de poing et deux fusils ressemblant à des AK-47 sur le siège arrière de sa voiture. Le bilan est de six morts et huit blessés, dont six graves. Les personnes tuées sont toutes des hommes dont le plus jeune avait 39 ans et le plus âgé, 60 ans. Le président du Centre Culturel Islamique de Québec, Mohammed Yangui, ne fait pas partie du nombre. La tragédie a fait 17 orphelins. Trente-neuf personnes se trouvant dans la mosquée sont sorties indemnes de l’attaque.

 

FTU